Bébé est prêt à manger : mode d’emploi

Tous les nouveaux parents vous le diront, les enfants ne cessent de les émerveiller! Quoi de plus magique qu’un tout-petit qui fait ses « premières fois »? C’est pareil dans l’alimentation. Plusieurs parents ont très hâte d’enfin pouvoir offrir des aliments variés à leur petit.

 

Mais comment savoir si bébé est prêt à manger et par quoi commencer l’introduction des aliments? Là est la question!

  1. Les signes que bébé est prêt à manger
  2. Choisir le bon moment
  3. Quels aliments offrir?
  4. Les risques d’allergies alimentaires
  5. Purées ou morceaux?
  6. Attention aux étouffements!
  7. Bien préparer les aliments
  8. Déterminer la quantité
  9. Soyez à l’écoute et votre bébé aura du plaisir à manger!

 

1. Les signes que bébé est prêt à manger

C’est habituellement vers 6 mois que bébé est prêt à manger d’autres aliments en complément au lait maternel ou aux préparations pour nourrisson. Selon son développement, cela peut aussi se faire un peu plus tôt, mais pas avant 4 mois, car son système digestif et ses reins ne sont pas prêts à digérer des aliments plus complexes. Il ne faut donc pas être trop pressé.

Voici quelques signes qui indiquent que bébé est prêt à manger :

  • Il s’assoit bien droit sans aide;
  • Il soutient et contrôle sa tête;
  • Il démontre de l’intérêt pour les aliments. Il est capable de les attraper et de les mettre dans sa bouche;
  • Il est capable de repousser une cuillère de la main et de tourner la tête.

Bien qu’il ne faut pas presser bébé à manger, il ne faut pas attendre trop longtemps non plus. Si on attend après 7 ou 9 mois, il pourrait avoir d’importants manques alimentaires (le fer par exemple). En plus, il risquerait d’accepter plus difficilement les nouvelles saveurs et les différentes textures d’aliments.

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2. Choisir le bon moment

Pour les premières expériences, on choisit un moment où bébé est en forme et de bonne humeur. Attendre après une sieste où il est bien reposé est donc une bonne idée. On peut commencer par un ou deux repas par jour, le déjeuner et le dîner par exemple.

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3. Quels aliments offrir?

Les recommandations sur l’ordre d’introduction des aliments ont beaucoup évolué au cours des dernières années. Il n’y a plus d’ordre précis. Seule règle d’or : on commence avec des aliments riches en fer, car ses réserves ont diminué depuis sa naissance. Cela peut être des céréales enrichies pour bébés ou des aliments du groupe viandes et substituts, comme du poulet ou des légumineuses.

Lorsque bébé mangera des aliments riches en fer deux fois par jour, vous pourrez lui proposer les aliments de votre choix : légumes, fruits, yogourt, fromage, etc. On attend toutefois qu’il ait 9 mois pour lui donner du lait de vache entier et 2 ans pour le lait 2 % de matière grasse et les boissons de soya enrichies. Même lorsque bébé a une alimentation variée et qu’il boit du lait de vache, il est important de continuer à lui offrir un supplément de vitamine D. Cela permet de s’assurer qu’il en a suffisamment pour combler ses besoins et favoriser le développement de ses os.

Jusqu’à 9 mois, le lait demeure la base de l’alimentation de bébé. On donne donc le lait maternel ou la formule pour nourrisson en premier au moment des repas. Après cet âge, on pourra offrir les aliments en premier et terminer le repas avec du lait. N’hésitez pas à poursuivre l’allaitement aussi longtemps que vous et bébé le souhaitez.

Une fois qu’il a commencé à manger, si votre tout-petit à soif pendant la journée, on lui offre de l’eau pour combler ses besoins. Les jus de fruits et les autres boissons ne sont pas nécessaires pour les enfants. En plus d’apporter beaucoup de calories, ces boissons stimulent le goût pour les aliments sucrés des enfants et ne calment pas leur faim.

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4. Les risques d’allergies alimentaires

Contrairement à ce qui était recommandé il y a quelques années, il n’y a plus de restrictions par rapport aux aliments à haut risque d’allergies. Ils peuvent donc être introduits au même rythme que les autres aliments.

Aliments les plus allergènes

– les arachides
– le blé
– les graines de sésame
– le lait
– les œufs
– les poissons et les fruits de mer
– le soya
– les sulfites
– la moutarde

Certaines études révèlent même que plus l’introduction est faite tôt, moins il y aurait de risque d’allergies pour l’enfant. On recommande toutefois d’introduire un seul aliment allergène à la fois. On lui offre ce même aliment pendant 2-3 jours, sans en proposer un nouveau, pour s’assurer qu’il n’y a pas de signes d’allergie. Il sera ainsi plus facile de reconnaître l’aliment en cause en cas de réaction.

Si l’introduction des aliments allergéniques vous inquiète et que des membres de votre famille ont des allergies alimentaires, parlez-en à votre médecin avant de les offrir à votre enfant.

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5. Purées ou morceaux?

Pas besoin d’attendre que bébé ait des dents pour lui offrir des morceaux! C’est aux parents de choisir la texture des aliments qui lui sont offerts. Alors qu’auparavant, tous les bébés passaient nécessairement par une phase de purée lisse, de plus en plus de parents choisissent d’offrir directement des morceaux d’aliments à leur tout-petit (c’est ce qu’on appelle la diversification alimentaire menée par l’enfant ou DME).

Lorsqu’on opte pour les purées, il est possible de proposer des aliments en purée très liquide en les diluant avec du lait maternel. Cela permet à bébé de mieux gérer cette nouveauté, car la texture se rapproche de ce qu’il connait déjà. Les purées pourront graduellement être épaissies par la suite. Ce n’est toutefois pas une étape obligatoire. Quoi qu’il en soit, les aliments en purée doivent être servis à la cuillère et jamais dans un biberon.

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6. Attention aux étouffements!

Que vous optiez pour des purées ou que vous lui offriez des morceaux directement, il y a quelques précautions à prendre. Comme ils sont moins habiles et évaluent mal le danger, les tout-petits sont plus à risque d’étouffement. Il faut donc prendre des précautions jusqu’à l’âge de 4 ans.

Pour réduire les risques d’étouffement, il est important que les enfants soient toujours assis et calmes lorsqu’ils mangent. On évite cependant de leur donner à manger dans la voiture. Il est aussi important de toujours le surveiller pour éviter qu’il ne s’étouffe. Idéalement, on s’assoit donc avec lui et on mange en sa compagnie. Au début, ce n’est pas évident puisqu’il faut gérer la cuillère et les dégâts de bébé. Mais cela deviendra de plus en plus facile lorsqu’il gagnera en autonomie. À partir d’un an, bébé devrait avoir tranquillement le même horaire et le même repas que le reste de la famille. Il sera alors plus agréable de manger tous ensemble.

ÉVITEZ

les aliments petits, durs et collants

PRIVILÉGIEZ

les aliments mous que bébé peut facilement mâchouiller

Les légumes et fruits durs et crus, comme les carottes et les pommes Les légumes et les fruits cuits, râpés ou en purée
Les aliments petits et ronds, comme les raisins, les saucisses, les fromages en bâtonnets de type Ficello Les aliments coupés dans le sens de la longueur
Les pépins et les noyaux Les fruits dont les pépins et les noyaux ont été retirés
Les aliments collants, comme les beurres de noix, beurre d’arachides, le pain frais Les beurres de noix tartinés sur des craquelins ou du pain grillé
Les noix et arachides entières ou en morceaux Les noix ou arachides en poudre ou des beurres de noix tartinés
Les poissons avec arêtes Les poissons sans arêtes
Les fruits secs Les fruits secs réhydratés (en les laissant tremper 1 h dans l’eau) ou dans des muffins
Les aliments présentés sur cure-dents Retirer simplement les cure-dents
Le maïs soufflé, bonbons durs, jujubes, gomme à mâcher Votre enfant aura amplement le temps d’en faire la découverte plus tard!

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7. Bien préparer les aliments

Comme tout est nouveau pour bébé, on veut l’habituer graduellement à la saveur des aliments. On propose donc les aliments au naturel, non mélangés et sans sel ou sucre ajoutés. Bébé peut ainsi apprécier la vraie saveur des aliments. Même si vous trouvez que cela ne goûte rien, rappelez-vous que bébé n’est pas habitué à des goûts intenses.

Les aliments offerts doivent toujours être lavés (pour les légumes et fruits), bien cuits (dans le cas des viandes, des poissons et des œufs) ou pasteurisés (comme le lait ou le fromage) avant que bébé ne les mange. En effet, son système immunitaire n’est pas encore très développé. On porte aussi une attention spéciale à la cuisson au four à micro-ondes qui est souvent inégale. On mélange donc bien les aliments avant de les offrir pour éviter qu’il se brûle.

Jusqu’à un an, on évite de donner du miel à bébé pour éviter les risques de botulisme. Même sans ce risque, on devrait mettre de côté le sucre ajouté qui n’apporte rien d’intéressant dans l’alimentation de bébé.

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8. Déterminer la quantité

Au début, bébé mangera probablement très peu (surtout après avoir bu du lait). Inutile donc de lui servir de grosses portions qui risquent de finir sur le plancher. Une cuillère à thé sera probablement suffisante. Mais, tout comme pour le lait, c’est bébé qui décide des quantités en fonction de sa faim. S’il en veut plus, n’hésitez pas à lui en resservir. S’il semble ne pas avoir assez faim pour terminer son plat, ne le forcez pas.

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9. Soyez à l’écoute et votre bébé aura du plaisir à manger!

Comme bébé n’est pas habitué à ces nouvelles textures, il est possible qu’il ait de la difficulté à gérer les premières cuillérées. Il faut lui laisser le temps. Il se peut donc qu’il fasse de drôles de réactions. Cela ne veut pas dire qu’il n’aime pas l’aliment. Il ne faut donc pas hésiter à lui proposer à nouveau. Plusieurs essais sont parfois nécessaires avant d’aimer un aliment. Cela fait partie de la découverte des aliments. On ne force donc pas un enfant à manger. On lui rend seulement disponible la nourriture.

En proposant de la diversité à votre petit, vous lui offrez un cadeau qui lui sera utile pour le restant de sa vie, soit un premier pas vers une saine alimentation riche en découvertes et en saveurs.

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Rédaction : Fondation OLO
Révision scientifique : Mylène Duplessis Brochu, nutritionniste, Dt.P., M.Sc.