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« En tant qu’intervenantes, nous nous devons d’être plus sensibles et attentives aux signaux de détresse »

Fondation Olo | Témoignage Hélène Roy

Rencontre avec Hélène Roy, nutritionniste et intervenante Olo au RLS de la Haute-Yamaska du CIUSSS de l’Estrie – CHUS depuis 2000. Nous nous sommes entretenus avec elle en avril 2020 alors que la pandémie du coronavirus transformait la façon dont les suivis Olo avaient lieu.

 

Comment adaptez-vous le suivi Olo en temps de COVID-19?

Avant la pandémie, je rencontrais les futures mamans à domicile afin de faire une évaluation nutritionnelle, leur donner des conseils et des informations concernant l’alimentation de la femme enceinte, créer le lien, etc. Depuis la pandémie, nous avons dû tout transférer par téléphone. Ainsi, je prévois des rendez-vous téléphoniques avec les mamans, j’envoie les coupons Olo par la poste quelques jours avant l’appel téléphonique ou bien je me rends à domicile, sans entrer, pour remettre les coupons Olo et d’autres documents ou matériel au besoin.

Fondation Olo | Témoignage | Hélène Roy, intervenante Olo
Hélène Roy, intervenante Olo

Certaines mamans ont besoin d’un suivi encore plus particulier, notamment celles ayant un diabète gestationnel. Pour cela, j’élabore le plan alimentaire de la mère et je vais le leur porter avant le rendez-vous téléphonique avec les documents explicatifs. Ainsi, ensemble, on peut passer à travers l’enseignement en ayant toutes les deux le visuel et les informations pour faciliter la compréhension. Ensuite, je m’occupe d’envoyer le plan au médecin qui fait le suivi de grossesse.

 

 

Est-ce que vous voyez une différence entre les suivis avant et pendant la pandémie?

En ces temps de pandémie, j’appelle plus fréquemment la majorité de mes clientes que le suivi habituel. Vous savez en temps de crise, l’aspect psychologique est très important, il faut vraiment y apporter une attention particulière. Le contexte de pandémie pourrait faire en sorte que des familles éclatent. Il y a plus d’anxiété, les familles sont 24 heures sur 24 ensemble. Il n’y a pas d’école, de garderie, moins de soutien de la famille immédiate en raison de la distanciation.  En tant qu’intervenantes, nous nous devons d’être plus sensibles et attentives aux signaux de détresse. Au besoin, par la suite, je fais le lien avec l’accueil psychosocial.

Enfin, si la maman manque d’accessoires ou de vêtements, je lui apporte ce qu’il faut dans ma voiture lorsque je me rends à domicile. Toute notre équipe s’assure que les mères ne manquent de rien et nous faisons de notre mieux pour les soutenir, en collaboration avec les ressources communautaires. Nous avons aussi une belle initiative dans la région, une dame généreuse aide les mères avec des achats (matériel, épicerie). Nous voyons plein de beaux gestes de solidarité!

 

D’après vous, comment cette pandémie affecte-t-elle les femmes enceintes? Est-ce que les futures mamans vivent plus de stress?

Cela dépend vraiment des mamans et de leur anxiété habituelle. Présentement, les mères que je suis, même celles ayant un trouble d’anxiété, gèrent assez bien leur anxiété face à la pandémie. Mais elles sont quand même affectées par ce qui se passe et par l’inconnu face à ce virus. Elles se questionnent notamment sur le déroulement de leur accouchement.

Vous savez, nos mamans, elles sont assez débrouillardes! Elles trouvent des façons de passer à travers cette crise du mieux possible, mais les situations diffèrent selon le nombre d’enfants, si elles sont monoparentales ou non et selon le soutien de leur entourage.

Malgré des hauts et des bas, les mamans tiennent bon! Elles suivent les mesures sanitaires et la distanciation sociale mais disent aussi être fatiguées.

Nous n’offrons plus en ce moment les services de nos auxiliaires familiales, donc certaines familles qui en avaient besoin doivent se débrouiller autrement. Le risque de violence peut parfois être plus présent dans le contexte actuel.

Je sais que le niveau de stress a augmenté dans certaines familles et que leurs revenus peuvent être très diminués, ce qui complique leur vie. Alors merci à la Fondation Olo pour votre initiative de nous permettre de remettre à nos futures mamans quelques coupons d’une valeur de 10$ durant le mois de mai.

 

 


Propos recueillis par Patrick Lopez