Ma grossesse : une nouvelle porte d’entrée pour le suivi Olo

La Fondation Olo se réjouit du déploiement attendu de Ma grossesse. Recommandation de la Commission Laurent, cet « avis de grossesse » provincial amène l’espoir d’une capacité accrue de faire connaître les services, particulièrement auprès des femmes et des familles vulnérables pour qui la pandémie a amplifié l’isolement. En effet, considérant que la Fondation Olo observe une baisse de 35 % du nombre de femmes admises au suivi Olo depuis les 5 dernières années, un outil comme Ma grossesse, s’il est adéquatement et suffisamment déployé, peut faire une grande différence.

Le succès de « Ma grossesse » se mesurera à sa notoriété, à son utilisation et dans la possibilité pour les femmes qui l’utiliseront de recevoir les services vers lesquels elles auront été dirigées. La Fondation Olo est déjà une alliée pour faire de ce service un succès et elle continuera de travailler à une meilleure accessibilité du suivi Olo partout au Québec.

Élise Boyer, directrice générale

Le Collectif Petite enfance, duquel la Fondation Olo fait partie, a lui aussi salué l’arrivée de Ma grossesse.

Pour faire de la petite enfance une priorité de société, il faut agir en prévention, poser des gestes concrets et ça commence dès le début de la grossesse. En permettant aux personnes enceintes de connaître les services et les professionnels qui sont à proximité et en s’assurant de façon générale que toutes les grossesses commencent du bon pied, on brise les silos et on facilite l’accessibilité aux soins et services.

Elise Bonneville, directrice, Collectif petite enfance

Repérer les besoins et référer vers les services

Ma grossesse est un avis de grossesse implanté à la grandeur du Québec qui consiste en un formulaire en ligne à compléter par les femmes enceintes assorti d’un référencement vers les services. Le formulaire est disponible en plus de 11 langues, ce qui est un facteur de succès.

L’objectif poursuivi par Ma grossesse est « d’identifier les femmes enceintes le plus tôt possible au cours de leur grossesse afin de mieux cibler leurs besoins et leur offrir les services appropriés » (source : Avis de grossesse provincial informatisé : Ma grossesse du site du MSSS).

Un tel avis de grossesse fait partie des recommandations du chapitre 2 du rapport de la Commission Laurent Agir en prévention d’abord et avant tout.

Concrètement, ce sont des intervenantes Ma grossesse dans chaque CI(U)SSS qui contacteront les futures mamans afin de s’enquérir de leurs besoins et de leur offrir les services pertinents comme :

  • Un soutien pour trouver un professionnel de la santé pour leur suivi de grossesse;
  • Le suivi Olo ou les Services intégrés en périnatalité et pour la petite enfance (SIPPE);
  • D’autres services disponibles (ex. : centre d’abandon du tabagisme, consommation d’alcool, etc.).

Toutes les femmes enceintes recevront également l’information au sujet des services en périnatalité telles les rencontres prénatales ou encore les ressources de soutien à l’allaitement disponibles près de chez elles.

Augmenter l’accessibilité du suivi Olo

Forte d’une efficacité prouvée et de 30 ans d’impact et de collaboration avec le réseau de la santé et des  services sociaux, la Fondation Olo est résolument engagée à ce qu’au Québec, le suivi Olo soit :

  1. Accessible à toutes les femmes enceintes admissibles de par leur situation de faible revenu

  2. Garant d’impact par ses pratiques dès la période prénatale (ce qui implique qu’il puisse débuter dès la 12e semaine de grossesse)

  3. Prolongé après la naissance, donc présent tout au long des 1000 premiers jours de vie du bébé (grossesse à 2 ans)

  4. Ancré dans sa communauté grâce à de véritables arrimages avec les organismes communautaires présents sur le terrain et les équipes de périnatalité des CISSS et des CIUSSS,

La Fondation Olo voit dans cet « avis de grossesse » provincial une partie importante de la solution à l’enjeu d’accessibilité. Avant le lancement de Ma grossesse, des initiatives similaires appelées « avis de grossesse » étaient déjà présentes dans certaines régions du Québec. La proportion des femmes enceintes admissibles bénéficiant du suivi Olo est plus élevée dans les régions où l’ « avis de grossesse » a été implanté, démontrant ainsi l’efficacité de cette mesure en ce qui a trait au suivi Olo. 

Entre 2015 et 2021, le nombre de femmes nouvellement admises annuellement au suivi Olo est passé de 7337 à 4752, ce qui représente une baisse de 35% en 5 ans. Une prudence s’impose avec ces données, car la façon de les saisir n’a pas toujours été uniforme d’un établissement à l’autre ou même d’une personne à l’autre. Néanmoins, il faut clairement s’en préoccuper car ni la baisse du taux de natalité ni un recul de la pauvreté ne peuvent expliquer à eux seuls ces chiffres. La pandémie est assurément un facteur important car elle a fait croître l’isolement de familles déjà vulnérables comme en témoigne Isma qui a vécu sa grossesse durant cette période.

Répondre présents

Si Ma grossesse atteint son objectif, les personnes devront avoir accès aux services vers lesquels on les aura référées. Dans cet esprit, plusieurs médecins ont souligné l’importance que des professionnels en nombre suffisants soient disponibles pour effectuer les suivis obstétricaux.

Il en est de même pour le suivi Olo. Dans chacun des CISSS et des CIUSSS, il doit y avoir un nombre suffisant d’intervenantes pour admettre et accompagner les femmes enceintes admissibles au suivi Olo. Les intervenantes étant des employées de l’État, la Fondation Olo a estimé que le montant minimal devant être investi par le gouvernement dans le réseau pour offrir un suivi Olo garant d’impact à toutes les femmes admissibles est de 15,3M$ par année. Un premier pas a été fait en 2020 avec un investissement récurrent de 4,25M$. L’importance de poursuivre le réinvestissement fait l’objet du mémoire déposé par la Fondation Olo en janvier 2022 dans le cadre des consultations budgétaires.

… dès le début de la vie

Agir tôt, dès la grossesse fait toute la différence. Les initiatives comme Ma grossesse favorisent l’accès à de l’accompagnement pour les familles, permettant ensuite de mieux agir en prévention pour réduire les inégalités favoriser le développement du plein potentiel de tous les enfants.

Si l’intention est des meilleures, demeurons attentifs au déploiement de Ma grossesse et espérons que toutes les femmes enceintes puissent avoir accès à des services de qualité pour elles, leurs familles, mais aussi les enfants qu’elles portent dans leurs ventres. 

Pour référence