Prévenir l’obésité, ça commence tôt !

Fondation OLO | 8 astuces pour offrir une alimentation variée à bébé : s'amuser avec les légumes!Au Canada, on estime que près d’un enfant sur trois présente un surplus de poids.

Ces données sont préoccupantes quand on sait que les enfants qui présentent un surpoids sont plus à risque de souffrir d’obésité à l’âge adulte et de développer des maladies, comme le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Une alimentation inadéquate étant un des principaux facteurs qui causent l’obésité, il devient donc nécessaire d’agir en prévention afin de permettre aux enfants de développer de saines habitudes alimentaires qui leur permettront d’être en meilleure santé au cours de leur vie.

 

L’importance d’agir tôt

Agir tôt, c’est intervenir dès les premières années de vie, et même, dès la grossesse. En effet, pendant la période périnatale, le bébé connaitra le plus grand développement de toute sa vie. Entre autres, son cerveau se développera à grande vitesse et il sera sensible aux expériences vécues. Ainsi, les influences positives, telles que l’accès à une saine alimentation et les pratiques parentales autour des comportements alimentaires, sont à encourager afin que les enfants vivent dans des conditions favorables à leur développement, et ce, à tous les niveaux (cognitif, affectif, moteur et langagier). Il s’agit donc d’un moment crucial pour prévenir les risques d’obésité chez les tout-petits.

 

Les familles à faible revenu plus à risque d’obésité

Au Québec, un enfant sur six naît dans un contexte d’insécurité alimentaire. Lorsque les ressources financières sont limitées, les risques de développer des comportements alimentaires moins favorables à la santé sont augmentés. De ce fait, les enfants provenant de ces familles sont plus susceptibles de développer de l’obésité.

Pendant la grossesse, les futures mères en précarité économique n’ont souvent pas accès à une alimentation adéquate et suffisante pour répondre à leurs besoins. Ces carences nutritionnelles entraînent un risque accru de prématurité, de faible poids de naissance, de retard de développement et de maladies chroniques chez l’enfant. Une récente étude a d’ailleurs démontré que naître avec un bon poids de naissance donne à l’enfant plus de chances de réussite éducative et favorise son développement global. Concrètement, une famille ayant un budget limité doit faire des choix lorsqu’il est question de dépenses. L’alimentation sera alors souvent mise de côté au profit d’autres besoins de base non compressibles, tels que le logement, les factures d’électricité, les frais de transport…

Plusieurs familles qui connaissent l’insécurité alimentaire sont doublement pénalisées, par le fait que certaines habiletés culinaires sont de moins en moins transmises. Pourtant, elles sont essentielles pour tirer le maximum du budget d’épicerie et parvenir à bien manger à petit prix. Il est vrai que de grandes économies peuvent être réalisées en cuisinant, par exemple, en choisissant un poulet entier plutôt que des poitrines de poulet désossées ou encore, on peut remplacer une partie de la viande par du tofu ou des légumineuses dans un plat. Il est donc primordial d’agir en amont auprès des femmes enceintes et des familles.

 

Comment aider les familles?

En tant que professionnels de la santé, il est possible d’appuyer les familles dans l’acquisition de saines habitudes alimentaires, par des actions simples comme :

  • Discuter de l’importance d’adopter des comportements alimentaires sains tôt dans la vie du bébé.
    • Dès l’âge d’un an, le bébé et sa famille devraient avoir une assiette équilibrée comprenant les quatre groupes alimentaires à chaque repas pour fournir au corps les nutriments essentiels à son fonctionnement.
      Fondation OLO | Assiette équilibrée
    • Permettre à chaque membre de la famille d’écouter ses signaux de faim et satiété, sans faire de pression pour manger son repas. C’est le meilleur guide pour savoir quelle quantité d’énergie le corps à besoin.
  • Inviter les familles à participer aux activités favorisant l’acte de cuisiner et appuyant la saine alimentation.
    Il existe certainement plusieurs activités dans divers organismes de votre région, par exemple, les banques alimentaires, les cuisines collectives, les maisons de la famille, etc.

    • Pour les femmes enceintes qui ont des difficultés financières, l’intervention nutritionnelle OLO, offerte dans tous les CLSC du Québec, leur permettra de combler une partie de leurs besoins nutritionnels pour favoriser la naissance de leur bébé en santé grâce à des œufs, du lait, du jus d’orange et des suppléments de vitamines prénatales offerts dans le cadre de suivis nutritionnels personnalisés, tout en mettant de l’avant des comportements alimentaires sains.
  • Inciter les familles à manger ensemble autour d’une table le plus souvent possible, sans distraction (ni télévision, ni cellulaire, etc.).
    Cela aura plusieurs bienfaits sur le développement de ses habitudes alimentaires et diminuera du même coup les risques de surpoids et d’obésité.

    • Même lorsque bébé est trop petit pour manger, il est rassurant et très formateur pour lui de participer aux repas.
  • Référer les familles vers des sources d’informations et des outils fiables sur l’alimentation périnatale.
    Par exemple :

Si vous rencontrez des femmes enceintes sous le seuil de faible revenu, invitez-les à s’informer auprès de leur CLSC sur la possibilité d’avoir accès à l’intervention OLO.

 


Auteures : Julie Deschamps, Dt.P, M.Sc., et Mylène Duplessis Brochu, Dt.P., M.Sc., nutritionnistes à la Fondation OLO