Étiquetage obligatoire des aliments : un risque pour les femmes enceintes et les bébés

Étiquetage obligatoire des aliments : un risque pour les femmes enceintes et les bébés

À l’automne 2016, Santé Canada dévoilait dans le cadre d’une large consultation son intention d’imposer des logos avertissant de la « teneur élevée »  en sel, en sucres ou en gras saturé sur le devant des emballages alimentaires. La Fondation OLO craint que ce projet d’étiquetage, s’il n’est pas davantage balisé, entraîne une baisse de consommation d’aliments sains comme le lait et le jus d’orange, qui sont, avec les œufs, à la base de l’intervention nutritionnelle OLO.

 

Même si la Fondation OLO adhère à l’objectif ultime de Santé Canada de diminuer les risques d’obésité, d’hypertension et de maladie du cœur, il demeure qu’une action aussi large pourrait avoir des conséquences dramatiques sur des individus présentant des besoins particuliers. Il serait déplorable que ceux qui fassent les frais de cette initiative soient les bébés de femmes qui vivent dans un contexte précaire, qui présentent souvent d’importantes carences et qui ont à conjuguer avec l’insécurité alimentaire.

Le lait et le jus d’orange, malsains pour la santé ?

La Fondation OLO est directement interpellée, car les modifications proposées feraient en sorte que deux des trois aliments offerts dans le cadre de l’intervention nutritionnelle OLO porteraient un symbole d’avertissement sur le devant de leur emballage. En effet, ce serait le cas du lait entier (3,25% de M.G.) et du jus d’orange : le lait entier à cause des gras saturés et le jus d’orange à cause du sucre.

Or, ces aliments nutritifs ont leur raison d’être auprès des femmes enceintes dans le contexte de l’intervention nutritionnelle OLO. Cette intervention a fait ses preuves depuis plus de 25 ans en réduisant les naissances de bébés de faibles poids. Les aliments offerts comblent, pour des milliers de femmes enceintes de milieux défavorisés, un besoin essentiel : se nourrir pour apporter à son bébé les nutriments dont il besoin pour se développer.

Si des avertissements étaient présents sur les emballages de lait et de jus, les femmes enceintes recevraient un message contradictoire. En créant la perception d’un aliment malsain, le logo d’avertissement pourrait amener les femmes à douter des bénéfices de cet aliment sur la santé de leur bébé. Ce message viendrait contrecarrer l’enseignement prodigué par l’intervenante sur l’importance d’apporter à son bébé les nutriments dont il a besoin et sur le fait que les aliments offerts y contribuent.

 

C’est donc cette crainte que le projet d’étiquetage entraîne une baisse de la consommation de ces aliments et amoindrisse les effets de l’intervention OLO qui a amené la Fondation à participer à cette consultation.

Vous pouvez lire la réponse complète de la Fondation OLO à cette consultation.